Une vision égalitaire


Dans les mers des Antilles, la société des flibustiers a développé un caractère original. Égalitaire, elle se constitue en réaction à la société maritime strictement hiérarchisée des XVII et XVIIIe siècle. Les flibustiers élisent leur chef et s'il se montre incompétent ou injuste, il risque l'abandon sur une île déserte. Le capitaine flibustier ne peut jamais aller contre la volonté de ses hommes. Sauf au plus fort de la bataille, les décisions capitales sont prises collectivement.


Le contrat du flibustier


Une convention ou « une chasse-partie », (terme dérivé de charte-partie), règle les rapports entre les hommes. On signe les articles de la charte en jurant sur la bible, ou à défaut sur une hache, de les observer. Ce contrat stipule un certain ordre et l'obéissance au chef, il met en valeur la solidarité et le dialogue. On y établit les compensations pour les blessures et récompenses pour les actes d'héroïsme. Le mérite, le courage sont toujours au sommet des valeurs pirates.


Dans la communauté pirate, tout ce qui peut nuire à la cohésion et à l'intérêt du groupe est interdit: désertion lors du combat, détournement d'une part du butin, introduction de femmes à bord, les bagarres sont interdites à bord, certaines chasse-parties interdisent le viol.


Le quartier-maître, les gabiers (matelot chargé de l'entretien, de la manoeuvre des voiles, du gréement) et les canonniers sont désignés au mérite.


Barème prévu en cas de mutilation (Antilles au 17e siècle)

     •     Perte des yeux: 2,000 piastres ou 20 esclaves

     •     Perte des deux jambes: 1,500 piastres ou 15 esclaves

     •     Perte du bras droit: 600 piastres ou 6 esclaves

     •     Perte du bras gauche: 500 piastres ou 5 esclaves...


La perte d'un seul oeil est à l'égal de la perte d'un doigt. Parce qu'on peut se débrouiller plus facilement avec un seul oeil qu'avec une main éclopée!


Chez les flibustiers le bateau est un bien commun.